Le bateau découpe l'eau turquoise de la baie d'Ilha Grande. Le vent chaud porte l'odeur salée de l'Atlantique. Au loin, une bande de sable blanc s'étire sur 3 kilomètres, bordée de cocotiers. La plage de Lopes Mendes apparaît comme une promesse de carte postale. Mais ce que les photos Instagram ne montrent pas, c'est que ce paradis brésilien se transforme radicalement entre décembre et juin. De juin à août, la basse saison révèle une plage quasi déserte, avec un sable qui craque sous les pieds et une eau d'une clarté parfaite. Les surfeurs locaux le savent bien.
Depuis Angra dos Reis, le ferry public met 1h30 pour rejoindre Vila do Abraão. Le trajet coûte environ 16 € par personne. Les vedettes privées sont plus rapides, seulement 25 minutes, mais deux fois plus chères.
La forêt atlantique descend jusqu'à la mer. Des singes hurleurs rythment le paysage sonore. L'île compte près de 10 000 visiteurs par an, mais reste préservée de toute construction massive.
Pour atteindre Lopes Mendes, deux options s'offrent aux voyageurs. Le sentier pédestre depuis Abraão parcourt 6 kilomètres en 3 heures. Le taxi-boat jusqu'à Praia do Pouso raccourcit le trajet, avec 15 minutes de marche finale. En juin-août, les bateaux affichent des tarifs de 60 à 80 € l'aller-retour.
Le sable de Lopes Mendes craque littéralement sous les pas. Cette particularité vient de sa composition dense et pure. L'eau turquoise reste transparente même à 2 mètres de profondeur.
En juin-août, les empreintes disparaissent rapidement. La marée basse révèle une plage qui évoque les Maldives sans la foule. Les cocotiers projettent des ombres douces sur le sable. La lumière de l'hiver austral donne des teintes dorées uniques.
La forêt atlantique entoure la plage sur trois côtés. Ce biome abrite des singes capucins et des toucans. Les écureuils bondissent entre les branches en journée.
Des tortues marines viennent pondre leurs œufs la nuit. La préservation écologique de l'île remonte à sa protection officielle dans les années 1990. Aucune construction n'altère le rivage. Ce refuge naturel offre une biodiversité rare sur le littoral brésilien.
La randonnée depuis Abraão traverse trois plages successives. Palmas apparaît en premier, puis Mangues, enfin Pouso. Chaque étape offre un point de vue sur la baie. Le dénivelé reste modéré, moins de 300 mètres de montée.
Le surf à Lopes Mendes attire les connaisseurs. Des rouleaux puissants se forment toute l'année. En juin-août, les swells de l'Atlantique Sud créent des vagues plus régulières. La location de shortboards et longboards se fait sur place, environ 15 € la demi-journée.
Les courants peuvent surprendre les baigneurs. Une prudence constante s'impose dans l'eau. Les criques adjacentes comme Santo Antônio offrent un refuge encore plus isolé, accessible par une bifurcation sur le sentier.
Sur le chemin, des restaurants de plage servent des fruits de mer fraîchement pêchés. La moqueca, ragoût de poisson au lait de coco, fait partie des spécialités. Un repas complet coûte entre 12 et 18 €.
Les jus tropicaux de maracuja ou d'açai rafraîchissent après la randonnée. Les pêcheurs locaux vendent parfois leur artisanat minimaliste, des colliers de coquillages ou des paniers tressés. L'eau de coco à 2 € reste la boisson la plus populaire sur la plage.
De décembre à mars, Lopes Mendes accueille des centaines de visiteurs par jour. Les serviettes colorées tapissent le sable. Les bateaux s'accumulent près de Pouso. La température grimpe à 30 °C avec une humidité étouffante.
En juin-août, la plage retrouve son calme originel. Les températures oscillent entre 23 et 25 °C. Les pluies tropicales se font rares. Le silence revient, seulement troublé par le bruit des vagues. Cette sérénité récompense l'effort de la randonnée. L'accès limité préserve ce qui rend Lopes Mendes unique face aux plages urbaines surpeuplées de Rio.
Le ferry public depuis Angra dos Reis coûte 16 € par personne. Les vedettes privées tournent autour de 35 €. Le taxi-boat Abraão-Pouso varie entre 60 et 80 € l'aller-retour en juin-août. La randonnée pédestre reste gratuite. Prévoir de l'eau et des en-cas, les services sur la plage sont réduits en basse saison.
La culture caiçara, mélange de pêcheurs autochtones et colons portugais, marque l'île. Les restaurants familiaux d'Abraão servent du poisson grillé au feu de bois. L'observation des tortues marines se fait dans le respect strict des zones de ponte. Les guides locaux proposent des sorties nocturnes pour voir les nids protégés.
Copacabana accueille des dizaines de milliers de personnes par jour en haute saison. Le bruit des avenues et la musique des kiosques couvrent le son des vagues. Lopes Mendes offre l'opposé exact avec une plage sans construction, accessible uniquement à pied ou par bateau. La différence de fréquentation atteint facilement 80 % en basse saison. L'authenticité sauvage l'emporte sur l'icône urbaine.
Le soleil décline derrière les cocotiers. Les vagues continuent leur ballet régulier. Le sable blanc garde la chaleur du jour. Une dernière empreinte s'efface sous l'écume. Lopes Mendes murmure ses secrets à ceux qui prennent le temps de venir la chercher en juin.
